dimanche 16 septembre 2007

VANITÉS (2)



Ripe sur la page l’ivoire des dents,
le crâne vide va sa pente déclive,
celle du grand livre ouvert
bombant ses feuillets,
celle du violon diagonal et
de son archet, celle de la plume
posée ou lâchée. Illisible le texte de
l’in-folio aux larges marges annotées.
Inaudible la musique peinte, déjà éteinte.

Du hanap, couronné d’une victoire
ou d’un éphèbe d’or, à la coupe renversée
et au bougeoir soufflé, encore fumant, c’est tout un.
Un vent oblique emporte l’ultime volute de fumée.
Éventrée sur ses rouages qui machinent le temps,
une montre attend la clef du remontoir.
L’encrier a versé, l’étui est vide.

L’âme s’est réfugiée dans la couleur.
Monochrome — elle attiédit l’argent, le cuivre,
l’or terne, les tons du papier, du bois, de l’ivoire
— elle module fond et formes en une vibration
qui lie les extrêmes. Quand la nuance fait chanter l’un.


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