Qu'est-ce que le rêve éveillé des mots ? Il semble que l'image puisse naître de la forme et de la couleur des sons, épouser la chaîne puis la trame sonores, en revêtir le sens et s'animer, devenir scène à part entière. Il semble qu'un rythme avant-coureur, immergé dans le magma préréfléchi du langage qui ne cesse de hanter, de nourrir, de stimuler notre cerveau en travail, informe cette émergence et lui permette de se produire. Toutefois ce rythme qui nous "tient" et fait de nous des hommes reste une énigme : il se caractérise moins par une cadence naturelle ou culturelle formalisable que par le vide ou le manque, le blanc ou le silence qui en situe le cœur battant. Il ne nous importe et ne nous atteint que par là où il se dérobe.
(Voir Rêve et poésie)
Dans la tignasse des comètes, roule l'or des chats,
(Voir Rêve et poésie)
Dans la tignasse des comètes, roule l'or des chats,
désespoir des orpailleurs, boue des alchimistes.
Le damasquineur rêve, lui, au fil de la dague
d'un pubis aérien frisé de métal clair.
Et le bond félin de l'Idée sur la vierge nocturne
au teint de lait, aux cheveux de lune pleine,
criblés des grains de toutes les plantes nubiles,
réalise l'union mystique. Mais dans l'argent
démonétisé de l'aurore, s'éteint le long corps
silentiaire, fendu comme un bois sanglant.
A son flanc, la lampe seule vit encore.
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