mercredi 12 septembre 2007

VANITÉS (1)



Ce ne sont pas des yeux qui nous
fixent — deux orbites arrondies,
vides et exactes. C’est la matière
sèche et patinée du masque
sous la chair — le creux comptable
de notre néant. Ce crâne tient
à sénestre le sable du temps,
à dextre la fleur qui florit.

En leur stricte géométrie, le bois,
le verre, les deux vases symétriques
du sablier ne cessent de détailler
ce qui fuit et s’accumule en pure
perte. Flamme tranquille, une
tulipe sang et or, se haussant
sur sa tige hors de sa sphère
vitrée, fait dominer un feu de
vie et de paix qui doucement respire.

Sur le plus noir des fonds,
en guise de sévère ex‑voto,
tulipe et sablier, sablier et tulipe
encadrent notre plus sûr témoin,
et le plus dur — mais le fond laisse être la fleur.

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