Certaines fois c’est comme si la source de l’inspiration s’aigrissait et le poème naît, empesté, vénéneux, pervers ou seulement complaisant… L’envers affleure du discours convenu et convenable, du “poétiquement correct”, et se dévoile une matière corrompue qui reste habituellement enfouie, dérobée, refoulée. Mais moins qu’un défoulement, qu’un exutoire préparant le retour au lyrisme, il ne s’agit que d’un grincement ou d’un ricanement, passagers : ce “cynisme” installe le malaise et ne laisse rien intact excepté peut être, par-delà le thème de la mort, lui aussi galvaudé, le simple et la souffrance sur lesquels nul mot ne saurait mordre.
L’aigre plainte du scribe
Vivre petite vie
en la caverne aux livres
— murs striés
sériés pressés —
Vivre étroite et coite vie
dans le cloître des livres
— rangés compulsés oubliés —
Nourrir benoîte mort
entre ces minuscules tombeaux
— triés dressés émaciés —
Vie non vie —
L’aigre plainte du scribe
Vivre petite vie
en la caverne aux livres
— murs striés
sériés pressés —
Vivre étroite et coite vie
dans le cloître des livres
— rangés compulsés oubliés —
Nourrir benoîte mort
entre ces minuscules tombeaux
— triés dressés émaciés —
Vie non vie —
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