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mardi 27 novembre 2007

LE VOYAGE ANTÉRIEUR (1)






LE VOYAGE ANTÉRIEUR



…il s’agit bien d’atteindre son lieu de déracinement…




J’ai marché dans mes pas
— ce n’étaient pas les miens…







I Tübingen

Humble servant des choses
et des saisons
il eut une tour sur le Neckar
servant des simples noms

risque était pris
dans le très mince écart
où gisait l’offrande défraîchie
près des jeunes morts

le vif de l’œil valait l’empan
l’embrasure des jambes
une illumination.

II Col de la Furka

Du très haut
— naufrage en altitude
un glacier aérien et bleu,
père du Rhône —

la Furka mime les horreurs de l’art
le sublime d’une mer
avec ou sans épave.

III Bibliothèque de Saint-Gall

“Pharmacie de l’âme”
en grec au linteau

lieu des volumes encagés
dans les courbes baroques
d’un parquet à lire
comme miroir de nature

les mangerons-nous, ces livres
vénérables ?
— pilés comme poudre de momies
ou découpés en petits carrés —
morte médecine.

samedi 17 novembre 2007

LES HOMMES DE BOUE



Vous vous levez des rizières prénatales
et vos peaux sombres
— blanchies du lait de la terre —
luisent aussi de vos sueurs —

vous ramez à grands coups de pelle
sur la flaque de limon liquide
où vous enfoncez à mi-cuisse —
habillés de boue
le soleil vous caparaçonne —
vous moulant un autre corps à même la peau —

noires et courbées
vos femmes repiquent de leurs mains nues
dans la fiente féconde
les pousses virides de votre vie future —

ne rions pas
de leur humble et long accroupissement
nous qui passons si vite
pour aller vainement loin —

balayés, noyés dans vos rizières
lents et rêveurs — blanchâtres fétus —
nous n'y flotterions même pas !

samedi 10 novembre 2007

UN CRI



Un cri. Montant de la rue jusqu’au quatrième. Montant, par deux fois, comme une flèche soudaine sans être ni perçant ni aigu. Une voix d’homme presque grave étirant de manière presque inarticulée une brève portée de syllabes, soulevée, enlevée par la seule intonation. L’étrange absolu que ce cri incompréhensible et nu, comme désincarné, sans expressivité autre que d’être un pur et simple signal, rimant brusquement avec l’austérité de la chambre où je m’éveillais (murs d’une teinte sale, lit de fer, meubles fonctionnels et usagés, d’un bois brunâtre). Ce cri, celui d’un marchand de charbon de bois (comme je l’apprendrais peu après), je le pris tout de suite pour ce qu’il était, nullement une manifestation de détresse, mais le signe patent d’un immense dénuement maîtrisé et accepté, l’indice d’une force calme affirmant une présence, une patience, un entêtement dans l’être. Ce fut, pour moi, en ce pays encore inconnu, la première sensation vraie. Je venais juste d’arriver la veille et je me réveillais au quatrième étage de la Maison de La Réunion, haute bâtisse sans style, remarquable par sa seule hauteur et parce qu’elle couronne la colline d’Isoraka, l’une des douze collines de Tananarive. Elle servait d’internat au lycée français de la ville et de lieu de transit pour les nouveaux coopérants. Je n’y restais que trois nuits en cette fin du mois de septembre 1980, bientôt chassé des lieux par la rentrée des lycéens.

Je dus prendre une chambre au Sélect Hôtel pour quelques nuits encore, le temps de trouver une location. L’hôtel était situé à Analakely, sur l’avenue de l’Indépendance, au cœur de la ville. Une haute bâtisse encore et sans plus de style que mon précédent refuge mais dressée entre deux des principales collines, au creux de la cité. L’inconfort m’étonna, sans doute à cause du nom même de l’hôtel et du prix de la chambre. Le matelas bourré de paille de riz était dur, inégalement bosselé et odorant. Les lieux, en raison des matériaux modernes et des aménagements mal finis et déjà détériorés, étaient laids et froids, ni propres ni sales, usés et comme étrangers à la vie. Ma première nuit y fut terrible et mémorable. Quelques heures après la tombée du jour (et le jour descend de bonne heure), la grande caverne mal éclairée de l’avenue sur laquelle donnait ma chambre fut envahie par une violente musique de danse, si forte et si impérieuse qu’elle ne laissa plus aucune place au repos. Je n’avais aucun moyen de me protéger. Le plus étrange était que, si l’on voyait bien clignoter sur l’immeuble en face de l’hôtel l’enseigne d’une boîte de nuit, il demeurait impossible d’en apercevoir l’entrée et la rue était vide, tout à fait vide. Le vacarme qui naît d’une fête animée, d’une foule qui s’éjouit peut être accepté et l’on peut, à la rigueur, s’identifier aux joyeux lurons. Mais un vacarme provoqué comme à plaisir et en pure perte, dans le désert et pour le désert ? Était-il question de nuire aux riverains ? Sans doute pas, ce n’était que le fruit d’une totale indifférence à la vie des autres quels qu’ils fussent. Je vécus ce vacarme qui dura presque jusqu’à l’aube comme une agression personnelle et je m’exaspérai longtemps de ne voir personne sortir pour protester, pour hurler son horreur. Je passai la nuit quasiment sans dormir. Je ne m’étais jamais senti à ce point exclu, étranger et exclu, et j’en étais glacé. Je demandai, dès le matin, à changer de chambre afin d’en prendre une qui donnât sur l’arrière de l’hôtel. Ma plainte ne fut pas comprise mais l’on accéda à ma demande.

dimanche 28 octobre 2007

TERRE NOIRE




Mon premier séjour à La Réunion fut presque impromptu. Notre première année universitaire à l’École Normale Niveau III de Tananarive, commencée fin septembre 1980, à notre arrivée, fut très brève et peu chargée : nous n’avions, pour l’heure, qu’une promotion, entrante… Et cours comme examens furent bouclés pour fin mars. La situation sociale sur place était agitée en raison d’émeutes sporadiques (bien sûr téléguidées, mais par qui ?), accompagnées du pillage (rituel) des magasins indo pakistanais et, dès février, nous vécûmes sous le régime d’un couvre feu qui se perpétua jusqu’en juin, avec des atténuations progressives. Les pénuries battaient leur plein : il n’y avait pratiquement rien sur les rayons de ce qui s’appelait encore supermarché et à peine plus sur le marché : il fallait aller faire ses courses d’épicerie …à La Réunion, par exemple. Une fois l’année académique terminée l’on s’empressa de nous envoyer en congé, l’année suivante devant commencer dès le mois de juillet ! C’est ainsi que je débarquai à Orly deux jours après l’élection de François Mitterrand à la Présidence et mon séjour en métropole coïncida avec le changement de régime et une belle poussée d’optimisme rose bonbon. Une fois de retour à Tana, la date de la nouvelle rentrée s’avéra plus problématique qu’on ne l’avait dit et, quand nous comprîmes que, de fait, elle n’aurait pas lieu avant septembre voire octobre, nous envisageâmes de nouveaux petits voyages afin d’échapper à l’entonnoir oppressant qu’était Tananarive en ces jours d’incertitude. C’est ainsi, que profitant de l’invitation d’un ancien condisciple de classe prépa, en poste à La Réunion, j’y vins pour une quinzaine en août 1981. Éblouissement et touffeur furent mes impressions initiales et très fortes. Pourtant l’on était en hiver mais je n’étais pas encore tropicalisé. Cette terre me saisit à la gorge avec sa luxuriance verdoyante jusque sur des monts qui m’inspirèrent tout de suite, et une sorte d’exubérance, vitale mais très calme en même temps, sensible un peu partout. Avec aussi son envers, son revers : lors de ce premier séjour, une après midi, alors que j’attendais l’ami qui m’hébergeait et dont le bureau jouxtait le Jardin de l’État, jardin d’agrément et jardin botanique au cœur de Saint-Denis, je fus pris soudain, assis dans ce jardin bras ballants, devant le spectacle uniforme, obsédant, écœurant de cette terre noire, lourde et indéfinissable d’une sorte de découragement universel qui me fit soudain me demander avec vertige pourquoi j’étais là plutôt qu’ailleurs, en ce bout du monde, en cette fin de tout où j’étais seul, sans perspective et où je n’avais rien à faire… Mais : “Ce n’est rien : j’y suis ! j’y suis toujours.”

18 décembre 2003

dimanche 14 octobre 2007

CARTES POSTALES (4 et dernière)




SÉPULCRE ROYAL

Miary — Sud malgache

Attacher le mort à une forte branche :
qu'il se dévête de chair
pour afficher l'os —
gagner son droit au tombeau

— le cairn aux trois ailes orientées
monceau de pierres irrégulier
évidé en son centre jusqu'au sol —

et en ce cœur vide, la place du Roi :
une cloche de bronze,
un coffre de bois pourri
arc-bouté sur ses ferrures,
un vase de Chine à motifs bleus —

se tenir de biais — sur un roc branlant
face aux ancêtres
dans l'ouverture sans promesse
des choses visibles ?

mardi 2 octobre 2007

CARTES POSTALES (3)



Racines visage inverse des fleurs
éclosion marine de l’amère rose des mers
sur l’infertile plage —
ô luisance muette des palmes
suspendues sans écho sur le pavois —
nous attendons le retour des fleurs !

vendredi 21 septembre 2007

DEAD FLOWERS (ŒDIPE ET LA DANSE)




à toute la troupe Hannibal en particulier à Hamadi Belhaouïchat et à Hatem Bourial

La mort d'une fleur, c'est, dans l'excès-même de son aérienne effloraison, l'instant où elle se libère enfin telle qu'en elle-même, par delà toute beauté déjà sue, acquiesçant par cet extrême épanouissement qui l'ouvre jusqu'au cœur, à la retombée émolliente de la fanaison. De même la danse, poème du corps, situe sans cesse le danseur au centre de gravité de sa présence à soi et au monde ; ce qui semble, au spectateur par trop intellectuel, un pur jeu formel de figures expressives n'est en fait que la quête passionnée du point d'appui qui, renversant le tout de ce qui est, livrerait au regard du spectateur-voyant, enfin retourné, l'intimité-même du dedans. En ce sens, la danse est toujours danse de vie et de mort ; le danseur mime sa propre naissance comme sa propre fin, et ce mime est émergence de sa beauté, dévoilement pur d'un acquiescement caché…

Une méditation dansée qui prend pour trame le mythe d'Œdipe, ne peut être qu'un questionnement sur l'origine et sur la fin, sur le destin de l'homme. Où commençons-nous ? Nous est-il permis de bien finir ? Et l'entre-deux, qui est la vie ?

Au commencement étaient le mouvement et le rythme : rythme fondamental à deux temps. Diastole/systole : le battement un et divisible du cœur, première cellule rythmique. Avec le petit temps neutre au centre, entre les deux coups vitaux : ce rien qui est peut-être le point d'appui cherché, le suspens libérateur qui retourne… Le chaos n'est donc qu'une fausse origine : il répond déjà à la structure binaire du rythme primordial, déjà il ordonne selon ses figures rigoureuses. Il n'a pas de sens, mais il produit déjà de l'ordre, des règles de composition interne qui orientent et déroutent, en profondeur : chaosmos. Toutefois il échappe encore au temps.

Avec le temps mûrit le bond natal, surgissement noué de l'être — sous la forme du couple initial compliqué de l'enfant. L'enfant égal au père, interchangeables dans leur rapport à la Mère — matrice, fonds où l'être s'effonde. Face à cette irréductible présence, la danse du mâle, père ou fils, fils et père, témoin et amant, essaie de vaincre l'essentielle dépendance ; elle essaie de sortir de son cercle — l'homme restant toujours l'enfant de la femme. Se blesser au tranchant des brisures ; danser à la limite du cassement net de toute assurance, de toute royauté ; danser la virilité triste : les réponses droites fournies à la Sphynx ne sont que leurres pour le profane. Elle l'emporte toujours, finalement, la Déesse-Mère dévoreuse de ses fils autant que leur génitrice. Elle provoque et nourrit le combat et la mort héroïque des protagonistes. Le mythe d'Œdipe est l'une des versions de l'histoire archétypale — primordiale — de celui qui apprend lentement, douloureusement, dans sa chair, l'atrocité de la Mère ; l'histoire de celui qui s'est le plus loin enfoncé dans sa dépendance. Mais, à partir du moment où il sait, où son regard s'est enfin tourné vers la vérité nue du destin, Œdipe, devenant plus que beau, rayonnant, ne veut plus que se crever les yeux, ces yeux qui, retournés, ont enfin vu le dedans et qui ne sauraient plus maintenant tolérer la vision ordinaire — terne et fade — des choses humaines. Se crever les yeux, c'est aussi, peut-être, pour Œdipe tenter de conserver pour toujours et par devers lui la révélation du dedans au cœur de la nuit volontaire de sa cécité. Mais, sans doute, tout est-il déjà éteint, c'est dans l'entre-deux seul qu'il y a vue, "éclaircie", et Œdipe, errant sur les chemins de la Grèce au bras d'Antigone, ne peut que réitérer son désir de mort, travailler à la faire de plus en plus proprement et lumineusement sienne.

D'un spectacle qui lui a révélé la beauté, le spectateur sort aveuglé : il a entrevu par éclats l'intimité de l'être ; nouvel Œdipe, il refuse soudain la veulerie du mouvement ordinaire des corps, trop peu "grave" pour lui, il s'attend encore pendant quelques minutes à une miraculeuse éclosion. Car danser l'Œdipe, ce n'est pas "illustrer", "représenter" une vieille histoire : c'est dans ce qui est en jeu dans le jeu des corps, dans le déploiement sidérant de leur beauté, tourner — de force si nécessaire — le regard du spectateur vers un point nodal, un "infracassable noyau de nuit" qui dévoile toujours, dans le renversement aveuglant qu'il instaure, l'acquiescement du beau au mourir.

(Tunis, mai 1976)

lundi 17 septembre 2007

ESCALE À DÉLOS




Nous fûmes débarqués avec nos bagages sur le minuscule port de Délos par le petit vaisseau de croisière qui nous avait menés à Chios, à Çanakkale en Turquie (pour visiter les ruines de Troie), à Thasos et au mont Athos. C’était là l’îlot aride, la terre flottante et sans racines qui avait accepté de recevoir Létô qui y mit au monde Artémis puis Apollon. L’île, ensuite couverte d’or, s’enracina au centre de la mer grecque et prit le nom de Délos, « la brillante ». Aux temps historiques, alors que l’île recevait en hommage les hécatombes de toute la Grèce, l’on n’avait pas le droit d’y naître ni d’y mourir. Elle est toujours aussi aride, l’île devenue musée en plein air où l’on cuit rudement sans presque d’abri et où l’on se nourrit de mémoire et de poussière. De nos jours, l’on n’a pas le droit d’y dormir et l’île se vide le soir venu. Nous fûmes soulagés, après une longue journée de visite, de prendre un incertain canot qui nous conduisit jusqu’à Mykonos sur une mer hargneuse aux vagues violines qui me fit enfin comprendre la métaphore homérique de « mer vineuse ». Et il me resta, violente en l’esprit, l’image de la Terrasse des lionnes sous le soleil sans tain d’une radieuse journée grecque, dans la lumière improbable d’un midi d’outre‑monde.

HORS

Dans quel monde aboient-elles
les lionnes de Délos ?
Blanches émaciées
elles restent sans soutien
sur l’île où l’on ne peut
naître mourir dormir —
la vie c’est ailleurs
par-delà la mer rudoyante.

Délos nous fait ainsi toucher à une ultime métaphore‑métamorphose de l’île, de l’insularité, celle de l’île errante et fantomatique, hors monde, hors temps & lieu, hors vie même… L’île où l’on ne saurait habiter ni demeurer et que l’on croise et rencontre presque au hasard, pour un instant seulement, un instant de suspens et d’éternité. Elle apparaît au fond des rêves comme le refuge impossible et plénier où l’on conjoindrait enfin l’essentiel qu’on ne saurait pourtant tenir. Elle est le terme idéalement projeté ou le point d’un nouveau et improbable départ qui satisferait enfin : le Royaume des Eaux‑Blanches des légendes nordiques. Elle est la tension maintenue entre un ici tangible mais sourd, opaque et fermé et un ailleurs inaccessible mais clairement ouvert. Elle est le bond à vide ou sur le vide qui garantit le centre et la naissance tout en réaffirmant l’absence des racines. C’est son apparition en songe qui a engendré le mythe d’Avalon et des îles fortunées qui est une variante du paradis et une île pour les âmes défuntes. C’est sa résurgence perpétuelle en notre cœur comme désir et comme regret, comme tension, déception et espérance qui fait éclore au bout de nos lèvres, sur le bord même de la vie, le soir, le matin ou en pleine nuit, ce chuchotis, un peu honteux parfois après tant d’expériences diverses et contradictoires : « Toutétil, oui, toutétil ! ».

Écrit en 2005

samedi 15 septembre 2007

jeudi 13 septembre 2007

mardi 11 septembre 2007

VUE AÉRIENNE





Longtemps j’ai eu de Madagascar une image toute mentale, directement sortie de notre programme de géographie de sixième, et même encore maintenant quand je visualise de tête, les yeux fermés, le corps de l’île : celle d’une île-continent d’un seul tenant, massif, plaque tellurique demi-basculée lors de de sa séparation d’avec la plaque africaine, et qui se présente comme de biais, avec d’un côté à l’est, un haut rebord abrupt que je vois crénelé, accidenté comme un rempart et, de l’autre, vers l’ouest une déclivité douce et régulière descendant jusqu’à la mer, jusqu’au glissement silencieux sous les eaux dans le canal du Mozambique. C’est cette image même qui m’est venue, revenue donc plutôt, le jour d’avril 1980 où j’appris que le Ministère de la Coopération me proposait un poste à Tananarive et qu’éperdu, encore émotionné par la nouvelle, je cherchais, pour me rendre compte, des repères et des références. Dans le cadre étroit qui était le mien à ce moment, je ne dégotai qu’une vague et sommaire encyclopédie qui m’offrit tout de même une petite photo des plateaux malgaches aux environs de Tananarive où la verdure littéralement chatoyait et ce fut tout… L’image intérieure, mais presque aussi belle et nette et parlante que ces diagrammes colorés et mouvants et toutes les possibles reconstitutions assistées par ordinateur que l’on réalise de nos jours, me livrait l’étendue et la soumettait à la vue aérienne de ma pensée ; elle me donnait un sentiment de maîtrise et d’évidence. L’image du livre qui me faisait toucher terre et humer les feuillages en leur verte croissance vint s’unir à l’image interne et lui ajouta l’idée même, plénière et sensible, de « fraîche luxuriance ». Cette conjonction me stimula et me convainquit d’emblée, je le pense : l’appel d’un monde encore inconnu, mais si clair dans l’esprit et déjà sensible au cœur, me donnait l’envie de connaître le pays réel. Je me décidai donc très vite et cette décision infléchit de façon décisive, je puis le dire aujourd’hui, le cours de ma vie.

17 décembre 2003 et 29 octobre 2005