Vous vous levez des rizières prénatales
et vos peaux sombres
— blanchies du lait de la terre —
luisent aussi de vos sueurs —
vous ramez à grands coups de pelle
sur la flaque de limon liquide
où vous enfoncez à mi-cuisse —
habillés de boue
le soleil vous caparaçonne —
vous moulant un autre corps à même la peau —
noires et courbées
vos femmes repiquent de leurs mains nues
dans la fiente féconde
les pousses virides de votre vie future —
ne rions pas
de leur humble et long accroupissement
nous qui passons si vite
pour aller vainement loin —
balayés, noyés dans vos rizières
lents et rêveurs — blanchâtres fétus —
nous n'y flotterions même pas !
et vos peaux sombres
— blanchies du lait de la terre —
luisent aussi de vos sueurs —
vous ramez à grands coups de pelle
sur la flaque de limon liquide
où vous enfoncez à mi-cuisse —
habillés de boue
le soleil vous caparaçonne —
vous moulant un autre corps à même la peau —
noires et courbées
vos femmes repiquent de leurs mains nues
dans la fiente féconde
les pousses virides de votre vie future —
ne rions pas
de leur humble et long accroupissement
nous qui passons si vite
pour aller vainement loin —
balayés, noyés dans vos rizières
lents et rêveurs — blanchâtres fétus —
nous n'y flotterions même pas !
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