Notre faculté des lettres, bâtie à mi-pente devant un horizon marin immuable, me fait souvent penser à un vaisseau, surtout quand elle est conquise — escaliers, couloirs, terrasses — par les violentes rafales de l’alizé. Un jour de plein vent, au moment de repartir, alors que je marchais dans la coursive qui conduit de nos bureaux vers l’entrepont où sont rangées les boîtes-aux-lettres, je surpris par dessus la rambarde de la terrasse du second étage — notre pont supérieur —, un grand élan en écharpe de cheveux longs jusqu’aux épaules, châtains, soyeux, flottant dans le vent par dessus la tête, voilant la face… C’était la chevelure même en partance dans la jouissance de l’élément… L’emprise souveraine de l’air qui dérobe un temps le visage fait perdre délicieusement souffle et repères. Je crus d’abord à une fille, mais quelque chose de délibéré et de brutal comme d’un abandon sans retenue ni coquetterie me fit comprendre avant que je ne voie. C’était bien un garçon qui se laissait aller à cet essor presque impudique ! Il m’a entrevu, je ne sais s’il m’a senti acquiescer à sa volupté.
mardi 20 novembre 2007
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